Conseils du Coach Phillippe Malvaux

slide3-1020x400 Bien choisir sa planche peut être un vrai casse tête, notamment en cette période où les planches évoluent sans cesse. Pour y répondre, quoi de mieux que de demander à un vrai professionnel de l’industrie de surf, Philippe Malvaux. Fort d’une expérience de plusieurs années dans le milieu, Philippe est  aujourd’hui un des meilleurs coachs européen à nos yeux et il nous a fait la gentillesse de répondre à bon nombre de questions sur comment trouver le matériel adapté à son niveau.


Salut Philippe, peux tu te présenter? Ton parcours, poste actuel, projets, etc… 

Salut, Philippe Malvaux, je suis Team Manager chez Hurley Europe et je m’occupe aussi du service marketing, de tout ce qui est des medias, events et réseaux sociaux. Je surfe depuis presque 30 ans et j’essaie de continuer de surfer autant que je peux. J’ai eu la chance de pouvoir entraîner les jeunes français pendant plus de 10ans,  à l’Hossegor Surf Club au début pendant 4ans puis a LA FFS: au pole France et en Equipe de France pendant près de 7 ans. J’ai aussi fait juge ASP en parallèle de mon travail d’entraîneur pendant 5 ans. Ensuite, je suis devenu Entraîneur puis Team Manager Surf pour Nike Europe et enfin j’ai eu la chance de glisser avec tout le team chez Hurley au moment de la fusion entre Nike Surf et Hurley. J’aime le surf avec passion et les gens qui le pratiquent.

Quels sont les surfeurs dont tu t’occupes actuellement? 

Actuellement , je m’occupe de Michel Bourez et Naum Ildefonse (France), Nic Von Rupp (Portugal) , Jonathan Gonzalez (Espagne), plus d’un groupe de riders locaux et ambassadeurs un peu partout en Europe. Je m’occupe de ces Européens en Europe et dans le monde et ensuite je m’occupe de tous les surfeurs Internationaux Hurley de passage en Europe. ça fait un paquet de Riders, il y en a 11 dans le World Tour Men et 2 filles dans le WWT plus une quinzaine dans les WQS et Prime. Je m’occupe de la logistique sur tous les déplacements et je fais aussi du coaching a la demande de certains sur les compets, c’est le cas pour Nic Von Rupp, Conner Coffin, Nat Young, Carissa , Lakey et Julian. Voilou !

Quelle est l’importance d’avoir une planche adaptée pour un surfeur? 

La planche fait la différence. Avec une bonne planche bien adaptée à son niveau, son gabarit, sa façon de surfer et aux conditions surf , tout change. C’est pour cela que les surfeurs entretiennent des relations très étroites avec leur shapers. Pour exemple, la 1ère chose qu’a dit Michel Bourez en remportant récemment le Prime a Haleiwa, c’est :  » je me sens très bien et j’ai de très bonnes planches … ». C’est difficile a chacun de trouver la planche idéale, et généralement quand on la trouve, il arrive souvent qu’on la casse rapidement. C’est la dure réalité des planches magiques. Quand on a une planche adaptée, la motivation nous gagne, l’envie de surfer monte et même si les conditions ne sont pas terribles, on a tout de même envie d’aller a l’eau histoire de tester la board. Bref , on sait qu’on peut quand même se faire plaisir.

Comment bien choisir sa planche? ex en fonction de son gabarit, niveau, etc..  

Il faut du temps pour vraiment savoir de quoi on a besoin. Je pense que le truc c’est qu’il ne faut pas hésiter à être en sur-volume au début. Il vaut mieux avoir une planche trop longue, trop épaisse, trop large, histoire d’être capable de prendre beaucoup de vague et d’avoir de la glisse une fois sur la vague.  C’est à dire avoir une planche qui flotte un peu trop pour soit plutôt que l’inverse.

Plus on progresse, plus on devient affuté et précis dans ses appuis sur la planche et plus on peut se permettre de réduire les cotes de la planche et donc le volume d’une manière générale. Une fois un certain niveau atteint et que l’on désire se faire plaisir, je conseillerai, avant de se faire shaper sa planche, de choisir une planche de 2eme main, une planche d’occasion et tant qu’à faire autant choisir une planche de bon surfer ou de pros (vous pouvez être sur que généralement les planches faites pour les pros sont de bonnes planches et vous profitez directement de leur expérience) ça évite une grande perte de temps et d’argent Pour cela , il faut repérer un surfer qui aurait un gabarit similaire au votre (Grand , mince , petit, trapu , lourd , léger etc  et une façon de surfer qui se rapproche de la votre (très difficile, normalement il est plus fort ) en gros je veux dire par la qu’il y a des surfeurs qui glissent longtemps entre les manoeuvres ( comme Parko et Fanning ) ou alors il y a des surfeurs très puissants qui surfent tout le temps sur le rail , d’un rail a l’autre (comme Taylor Knox ou Julian Wilson ) . L’idéal serait de trouver des planches un peu trop épaisses pour eux , comme ils sont plus fort et plus affutés , ils ont besoin de moins de volume . Et voilà le tour et joué.

Taille? 

En suivant la latte d’une extrémité à l’autre, on obtient la longueur de la planche, et non pas en mesurant sa hauteur à la verticale. Exprimée en centimètres ou en pieds-pouces, la longueur est trop souvent l’unique référence parmi les surfeurs. Restent des règles de base, à savoir qu’une planche longue flotte mieux et plus longtemps une fois lancée, mais tourne et accélère moins vite qu’une planche courte.

Largeur?  

Il n’est pas difficile de comprendre qu’une planche large flotte mieux et elle est bien plus stable. Sa surface importante capte mieux l’énergie des vagues, un avantage dans le petit surf poussif. En revanche, une planche large flotte alors trop au dessus de l’eau lorsque la vitesse est importante (vagues puissantes) et perd alors en contrôle. A l’inverse, une planche étroite offre moins de portance donc se destine à des vagues puissantes. Peu large, elle facilite le passage d’un rail à l’autre, offrant beaucoup de contrôle.
La largeur avant Mesurée à un pied (30,5 cm) de l’extrémité avant de la planche, cette cote peu connue des surfeurs permet d’affiner le comportement de la planche. Elle reflète les mêmes principes que la largeur maximale : plus de largeur à l’avant, plus de flottabilité (rame et départ aisés); à l’inverse, plus c’est étroit et plus la pénétration et la tenue sur le rail sont meilleures.

La largeur arrière Mêmes conséquences qu’à l’avant : un arrière large augmente la flottabilité, lors de la rame, au départ et génère de la vitesse dans les vagues molles et/ou petites. A l’inverse, un arrière étroit offre moins de portance sur les sections molles de la vague. Mais dès que la vitesse augmente, il apporte une accroche bien meilleure dans la vague, et un passage sûr d’un rail à l’autre.

Volume? 

La valeur qui apparait sur les cotes d’une planche est évidement l’épaisseur maximale, mais il faut d’avantage considérer la notion de foil sur une planche, à savoir la répartition de l’épaisseur sur toute la longeur, qui assure la flottaison correcte de la board. La cohérence est le maître-mot, il ne s’agit pas de compenser une épaisseur importante au milieu par un avant et arrière très fins. A l’instar de la largeur de la planche on retrouve les mêmes caractéristiques pour l’épaisseur, à savoir son influence sur le volume de la planche. Optez pour des valeurs importantes et la planche planera facilement au dessus de l’eau, assurant départ facile et vitesse, mais elle va perdre de son contrôle dans le creux et à très haute vitesse, car difficile à faire pénétrer dans l’eau. Inversement, une planche fine assure un contrôle et une précision hors pair pour peu que l’on ait la vitesse car, peu épaisse, la planche flotte moins bien, exigeant de la relance ou de la puissance dans la vague.  

Dérives?  

Je dirais, en premier lieu: Pas la peine de se prendre la tête avec ça. Restez basique et standard : 3 dérives et les dérives les plus polyvalentes possibles. Il y a déjà assez de paramètre à prendre en considération. Mais pour avoir une idée rapide du comportement des dérives. Il faut savoir que plus la dérive est penchée vers l’arrière (reward rake) plus elle procure du « Drive » c’est à dire de la vitesse , par contre elle devient très directionnelle et la planche en devient moins maniable. Et plus la dérive a tendance à être droite (Forward Rake)  et plus elle permet de pivoter . Donc moins de vitesse mais plus de maniabilité. Plus on est un surfer puissant qui reste longtemps sur le rail  plus on peut prendre de grosses dérive , par contre si l’on a des temps d’appui sur le rail courts ou peu de puissance alors autant avoir des petite dérives. Un surfer non-puissant a tendance à coller sur la vague avec de grosses dérives. Cela devient intéressant de changer de dérives lorsque l’on a qu’une planche pour voir les différences que cela procure en fonction des conditions et finalement de devenir capable d’ajuster son jeu de dérives en fonction des vagues.

Que penses tu de l’évolution actuelle des planches? 

La tendance actuelle est a l’élargissement des planches et a l’augmentation des épaisseurs et au raccourcissement de la longueur, quelque soit la taille des vagues. Les surfeurs veulent être capables de combiner un surf power sur le rail avec un surf newschool. Pour cela, ils ont besoin de largeur pour avoir de la stabilité dans les réceptions de manoeuvres aériennes et dans les tricks. Et ils veulent plus de volume, sans augmenter pour autant la longueur, bien au contraire, du coup ils compensent par l’épaisseur, parce qu’ils poussent beaucoup plus sur leur planches et ils veulent sentir de la réponse, du « rebond » . Ils veulent aller plus vite et parcourir plus de distance à la sortie d’un virage sur le rail. Le surf a gagné en vitesse, en amplitude dans les trajectoires et en manoeuvres newschool.

Quels conseils donnerais tu à un surfeur qui veut perfectionner son surf?   

Je lui conseillerai d’aller beaucoup a l’eau. Cela peut paraitre évident, une  » lapalissade », mais C’est en forgeant que l’on devient forgeron, et c’est donc en surfant que l’on devient un surfeur. Une bonne planche aide à cela, puisque elle donne envie d’aller à l’eau même si les vagues ne sont pas excellentes. La video est un bon outil pour voir ses défauts. Surfer en groupe avec de bon potes de même niveau  stimule et aide à repousser ses limites. Parler technique entre potes est toujours intéressant. Quelques conseils extérieurs peuvent être très utiles (surfeurs pros ou de haut niveau, potes ou coach (mais attention aux gurus qui pensent détenir la vérité ;-)

Un dernier mot?

Vive le surf, n’oubliez pas que le surf c’est fun ! Ce n’est pas un truc sérieux, alors offrez une vague de temps en temps et souriez. Et sinon j’ai quelques bonnes planches a vendre, haha